JEAN MOUCHES

 

Je connais le chanteur depuis quelques années, lorsque j’ai reçu un album vêtu de pin des Landes. Séduit par le produit et l’originalité de son étui, j’ai imaginé un artisan minutieux et fier de ses origines. De son arbre généalogique, bien évidemment, mais aussi de la noblesse élégante du droit fil devenu habilleur de chansons.

 

J ai écouté.

Une fois pour la découverte et plusieurs pour le plaisir. Singulier personnage qui s’obstine à planter un bel arbre au milieu des ronces, du marécage nauséabond d’une.

production industrialisée, sans autre perspective que celle du partage de ses émotions. Auteur de quelques dizaines de chansons et d’un bestiaire inattendu, il cite volontiers ses amis musiciens avant de se manifester, mais la griffe du créateur n’échappe à personne. Des mélodies parfaitement rythmées développent le parcours d’une belle écriture où l’humour côtoie la tendresse et une grande sensibilité.

 

Jean Mouchès est sorti du bois, partageant la scène avec les meilleurs représentants de la chanson francophone. Je ne pense pourtant pas qu’une retentissante notoriété soit son objectif prioritaire.

 

Alors ?

La réponse est dans l’intelligence, un regard espiègle, un sourire ironique et généreux, un visage qui conserve la puérilité, la civilité de l’enfance et le charme trop souvent

perdu de l’honnêteté. La dérision parfois, jamais l’amertume et toujours une réelle humilité.

Et l’on se complaît dans cette humanité si proche, si vivante, toute imprégnée de fantaisie et de finesse qui nous invite à partager un univers où la cime des pins se rapproche souvent des étoiles.

 

Il faut écouter Jean Mouchès pour mieux se convaincre du propos de Brassaï : « On se demande parfois si la vie a un sens, et puis on rencontre des êtres qui donnent un sens à la vie. »

 

 

Jean Dufour