Mavié, Lavié,

Lavié, Mavié,

Lavié, Mavié,

Ma vie est un conte de fées

I

Sur mon berceau, ma tante Ursule

S’écria : « Enfer et pustules !

Ce filleul là est regrettable,

Il est à peine regardable !

Vous me pressentiez pour marraine

Mais je suis piètre magicienne…

Mes pouvoirs ont des limites,

Les cas désespérés, j’évite… »

Et elle s’est éclipsée.

Refrain

II

J’avais déjà cinq ou six frères

Et mes parents se concertèrent :

« Celui-là, faudrait qu’on le perde

Au fond des bois qu’il se démerde… »

Mais à chaque fois je revins

(J’étais malingre mais malin)

Alors ils m’enfermèrent

 

Dans une institution austère

Pour huit années bien sonnées.

Refrain

III

La discipline était sévère

Sous la férule de sorcières

Et il se versait au dortoir

Des pleurs silencieux dans le noir

Quand arrivait frère Odilon

Saint patron des petits garçons

Qui, aux plus nostalgiques,

Avec sa caresse magique

Apportait la consolation…

 

Refrain

IV

Au cachot de la forteresse

Je rencontrai une princesse

Du bout des doigts nous nous frolâmes

Et aussitôt nous nous aimâmes.

Mais à seize ans la pauvre fille

S’est piquée avec une aiguille

(Ô maudite seringue !) et

Ma belle au bois déglinguée

Ne s’est plus jamais réveillée…

Refrain

V

Sorti de toutes ses épreuves

Je pensais, ayant fait mes preuves,

Postuler comme troubadour

Pour chanter mes chansons d’amour.

Mais les sorciers du Grand Jury

Les trouvèrent toutes pourries

Et me jetèrent un sort :

Le soir, rossignol je m’endors

Pour me réveiller perroquet !

Refrain

VI

J'étais au bord du précipice

Quand me retint une Fée Bleue 

qui me dit : "Viens, soyons heureux

Dans ma maison de pain d'épices ; 

Elle est ceinte d'une muraille

De vent, de plumes et de broussailles,

Personne n'y pénètre,

Peinard, derrière les fenêtres,

On voit le monde s'agiter !"

Envoi

Ami, tout ce que je raconte

Ne repose que sur des faits

Et je me dis qu’au bout du compte,

Ma vie est

Lavié

Lavié, Mavié

 

Ma vie est un conte de fées…